Elles : Sortir nos aïeules de l'ombre #ChallengeAZ 2026

Publié le 31 octobre 2026 à 09:43

Demain commence le #ChallengeAZ 2026. Comme l'an dernier, je vous donne rendez-vous tout au long du mois de novembre pour un alphabet généalogique : vingt-six lettres, vingt-six articles. Et comme l'an dernier, je ne résiste pas au plaisir de lever un coin du voile la veille du départ… mais un coin seulement.

Ouvrez n'importe quel registre de mariage du XIXe siècle. Le mari y est nommé avec son métier, son âge, son domicile. Il signe d'une main plus ou moins assurée. Et à côté de lui, souvent, une femme qui « déclare ne savoir signer », dont on ne dira plus ensuite que « l'épouse de », puis « la veuve de ». Une femme qui a pourtant travaillé, enfanté, élevé, hérité, transmis, et dont les archives ne gardent souvent qu'une silhouette.

Cette année, c'est à elles que je consacre mon alphabet.

Le thème : « Elles : sortir nos aïeules de l'ombre »

Voilà donc le titre de ce #ChallengeAZ 2026 : « Elles : Sortir nos aïeules de l'ombre ».

Pourquoi ce thème ? Parce qu'en généalogie, nous remontons volontiers nos lignées de père en père, en suivant le nom de famille. Les femmes, elles, changent de nom dans l'usage, disparaissent derrière celui de leur mari, se cachent sous un surnom ou un prénom d'usage. Leurs métiers sont mal notés, quand ils le sont. Leurs biens sont gérés par d'autres. Leur parole n'a presque jamais été écrite.

Et pourtant, elles sont partout dans nos arbres : une branche sur deux, au minimum. Elles ont tenu les fermes et les boutiques, fait tourner les métiers et les familles, traversé les naissances, les deuils et les guerres. Elles ont laissé des traces, pour qui sait où regarder

C'est tout l'objet de cet alphabet : comprendre la vie de nos aïeules, et surtout apprendre à les retrouver dans les archives. Chaque lettre sera à la fois une page d'histoire et une leçon de méthode.

Ce qui vous attend

Trois siècles de vies de femmes

Nous voyagerons principalement entre le XVIIe et le XXe siècle : de l'Ancien Régime et de ses coutumes, en passant par la Révolution, le Code civil et la révolution industrielle, jusqu'aux grandes transformations du XXe siècle. Quelques lettres nous feront remonter plus loin, jusqu'au Moyen Âge ; d'autres nous mèneront jusqu'à des lois très récentes. Car pour comprendre ce que vivaient nos aïeules, il faut parfois savoir d'où venaient les règles qui les enfermaient, et quand elles ont enfin changé.

Ma région avant tout

Comme souvent sur ce blog, nous resterons surtout dans le Nord et le Pas-de-Calais : la Flandre, l'Artois, le Cambrésis, le Hainaut, les villes du textile et le bassin minier. Avec, de temps en temps, un pas de l'autre côté de la frontière belge, que tant de nos aïeules ont franchie.

Un rendez-vous, une méthode

Chaque article suivra le même chemin :

  • une scène pour entrer dans le sujet ;
  • un peu d'histoire, sans jargon, pour comprendre le contexte ;
  • les archives à consulter, avec leurs pièges et leurs trésors ;
  • une étude de cas pas à pas, pour voir la méthode en action ;
  • une boîte à outils et un petit lexique, à garder sous la main pour vos propres recherches.

La plupart des études de cas mettront en scène des femmes imaginaires, mais construites à partir de sources bien réelles, pour que vous puissiez refaire le chemin avec vos propres aïeules. Et au fil des lettres, vous croiserez aussi au moins une de mes propres aïeules, bien réelle celle-là.

Quelques indices… et pas plus

Je ne vous dirai pas quel mot se cache derrière chaque lettre : la surprise fait partie du jeu. Mais voici quelques indices, pour vous mettre en appétit.

  • Des métiers. Certains, vous les devinerez sans peine ; d'autres, vous ne soupçonniez peut-être pas que vos aïeules les aient exercés.
  • Des étapes de la vie. Nous suivrons nos aïeules du berceau à la tombe, en passant par des moments que l'on a presque tous oubliés aujourd'hui.
  • Du droit. Ce que la loi leur permettait, ce qu'elle leur interdisait, et ce qu'elles ont réussi à faire malgré tout.
  • Des gestes du quotidien. Des gestes répétés des milliers de fois, au coin du feu ou au bord de l'eau.
  • Des lieux. Nous pousserons la porte d'une chambre, d'une église, d'une étude de notaire, d'une salle de classe, d'une usine, et nous descendrons même très, très bas.
  • Des traces. Nous apprendrons à lire autrement des documents que l'on survole souvent sans vraiment les voir.

Quant à la dernière lettre, la plus redoutée de tous les participants au challenge, elle vous fera peut-être sourire en pensant à une arrière-grand-tante…

À demain !

Le voyage commence demain, avec la lettre A. Pour ne manquer aucune étape, suivez le mot-clé #ChallengeAZ sur les réseaux : vous y découvrirez aussi les alphabets de tous les autres participants, une mine d'idées et de méthodes.

Et surtout, n'hésitez pas à participer. Chaque article se terminera par une question : racontez-moi en commentaire vos propres aïeules, vos découvertes, vos impasses aussi. Ce challenge sera d'autant plus riche qu'il sera partagé.

Et pour commencer, une question : quelle est l'aïeule de votre arbre que vous aimeriez le plus sortir de l'ombre ?

À demain, pour la première lettre !


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