Un trésor dans la benne : l'incroyable carnet de l'ingénieur Beaudaux

Tout commence par un geste presque banal, de ceux qui tiennent parfois du miracle. Devant moi se trouve un vieux carton abîmé, condamné à partir à la benne à ordures. Son destin est scellé : l'oubli et la destruction. Pourtant, ce fameux instinct du généalogiste me pousse à l'ouvrir. L'odeur caractéristique du vieux papier et de la poussière refermée s'en échappe. Je fouille. Au milieu du bric-à-brac, un document attire irrésistiblement mon regard. Ce n'est pas un simple livre imprimé, c'est un épais manuscrit à la calligraphie soignée, tracé sur un papier quadrillé que le temps a jauni.

Je tourne la première page, et une inscription tracée à l'encre résonne soudain comme un appel depuis le passé : « Notes sur les Mines de l'Escarpelle : stage pratique juillet - septembre 1924 ». En dessous, une discrète signature : « L'Élève Beaudaux Camille ».

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Le Garde Champêtre et les Archives du Grenier : Inventaire à Notre-Dame-du-Tilleul

Tout a commencé par une trouvaille inespérée, sauvée in extremis de la poussière et de l'oubli d'un vieux grenier. Parmi cette liasse d'archives, une pièce maîtresse a immédiatement attiré mon attention : il s'agit du sommier des biens ecclésiastiques séquestrés. Ce registre retrace à la lettre, presque souffle par souffle, comment s'est déroulé l'inventaire de l'église Notre-Dame-du-Tilleul, nichée dans le hameau de Sous-le-Bois à Maubeuge.

Mais comment faire ressortir la grande Histoire de cette petite histoire, silencieusement retranscrite dans d'austères procès-verbaux et différents actes notariés endormis sur de vieux papiers jaunis ? Derrière la froideur de l'encre administrative se cache pourtant une atmosphère électrique, où les passions et les révoltes menacent de s'embraser à chaque instant.

Je vous invite à remonter le temps pour suivre le récit haletant de cet inventaire, qui s'est déroulé à la suite de la Séparation de l'Église et de l'État votée l'année précédente. Une plongée dans le passé que nous allons vivre de l'intérieur, à travers les yeux du meilleur témoin possible, un homme tiraillé dont le nom est sans cesse cité au fil des archives : Cyriaque Dandler, Garde Champêtre.

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Phalempin : Mémoires du « Bois du Roy »

L'Histoire est souvent capricieuse. Elle choisit parfois des lieux modestes pour y jouer ses actes les plus intenses, loin des palais et des capitales. Phalempin est de ceux-là. Ce récit n'est pas seulement celui d'une bourgade ou d'un bois, mais la fresque vivante d'un territoire qui a défié les siècles. Ici, la foi d'un saint a brisé les idoles ; ici, les rois de France ont chassé sous les mêmes chênes qui virent, bien plus tard, l'occupant installer ses armes de destruction. Des brumes de l'Antiquité aux fracas des deux guerres mondiales, préparez-vous à découvrir comment, sur ce sol d'argile réputé stérile, a germé une épopée humaine et forestière insoupçonnée.

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90 ans d'histoire(s) dans le grand bain de Leforest

Septembre 2025. Le silence est presque assourdissant, solennel. Il n'est rompu que par le doux clapotis de l'eau, un murmure discret qui semble raconter une histoire vieille de près d'un siècle. Une odeur caractéristique, mélange de chlore neuf et de peinture fraîche, flotte dans l'air, promesse d'une renaissance imminente. À travers les larges baies vitrées, la lumière de la fin de l'été plonge dans le grand bassin, dessinant des arabesques mouvantes sur le carrelage immaculé et faisant scintiller une eau si claire qu'elle en paraît irréelle. Tout est prêt. Dans quelques jours, après une décennie d'attente, de doutes et d'efforts acharnés, les rires des enfants, les cris de joie et les encouragements des entraîneurs viendront de nouveau emplir cet espace. Pour l'heure, la piscine de Leforest retient son souffle, tel un nageur sur son plot de départ.

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Le centenaire d'Alexandre Libert, l'horloger de notre passé

Aujourd'hui, je fais face à l'histoire la plus difficile qu'il m'ait été donné de raconter. Évoquer le vécu d'inconnus, dépoussiérer des archives pour redonner vie à des fantômes du passé est une chose, mais l'exercice est bien différent cette fois-ci. Celui dont je m'apprête à vous parler a marqué l'histoire de Leforest au fer rouge, de par son charisme et son savoir.

Pour les Leforestois nés avant l'an 2000, son visage n'est pas forcément familier, mais son nom, lui, est ancré dans les mémoires : Alexandre Libert.

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« J'avais trois fils » : le destin des frères Milleville

Le travail du généalogiste commence souvent par un nom, une date, un lieu gravé dans un registre. Mais notre quête ne s'arrête pas là. Nous cherchons le souffle derrière les mots, le sang qui a coulé dans les veines de ces ancêtres. Nous cherchons l'histoire. L'histoire de la famille Milleville n'est pas qu'une simple chronique des tragédies de la Grande Guerre ; c'est une plongée dans le silence d'une mère, Séraphine Cauvez. Pendant quatre longues années, dans son village de Leforest occupé par l'ennemi, elle a attendu, sans nouvelles, prisonnière d'un espoir qui s'effritait jour après jour. Son histoire, c'est celle de cette attente insoutenable, de cette ignorance qui est une torture ; la même histoire de tant de mères et d'épouses.

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Leforest : Épopée et déclin d'une cité minière (1851-1992)

Jeudi 27 mars 1969. Sur la place de la mairie de Leforest, le printemps hésite. Un faible soleil perce les nuages, mais sa lumière semble incapable de réchauffer l'atmosphère, lourde d'un silence glacial. Le noir domine. Le noir des vêtements, le noir des regards, le noir des cœurs. Au centre de cette marée humaine et silencieuse, cinq cercueils. Cinq boîtes de bois couvertes d'un drap sombre, alignées comme à la parade. Côte à côte. Unis dans la mort comme ils l'étaient, trois jours plus tôt, dans la vie, au cœur de la fosse n°10.

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D'Henri à Michel : Le petit-fils du « petit monsieur au chapeau » de Leforest se confie

Lors de la rédaction de mon article sur Henri Pecqueur, cet intriguant Leforestois dont le visage apparaît sur de nombreuses cartes postales anciennes, je pensais avoir fait le tour de l'histoire, laissant un point d'interrogation quant à sa descendance. La loi sur la protection de la vie privée empêche de telles recherches pour les personnes encore potentiellement en vie (et c'est tout à fait normal !). Cependant, quelques mois après la publication de la vidéo associée sur la page Facebook de « Leforest Mémoire » en 2021, j'ai eu l'immense surprise de recevoir un message qui allait totalement rebattre les cartes.

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Aujourd'hui jadis

Imaginez... Fermez les yeux un instant. Laissez les bruits de la ville moderne s'estomper, les voitures céder la place aux sabots des chevaux, le béton se couvrir de pavés irréguliers. Ici, autrefois, tout était différent. Les photographies, ces fenêtres ouvertes sur un temps révolu, nous permettent de toucher du doigt cette réalité disparue.

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Henri Pecqueur : Le mystérieux « photobombeur » au chapeau melon

Il fut un temps, pas si lointain mais déjà voilé par les brumes de l'oubli technologique, où la correspondance dictait le rythme des relations humaines. Les nouvelles voyageaient lentement, au gré des facteurs, portées par des lettres ou, plus pittoresques, des cartes postales. Ces dernières, souvent, immortalisaient les rues d'un village, des scènes de vie quotidienne, des fragments d'un monde en passe de disparaître. Parmi certaines cartes qui nous sont parvenus de Leforest, un détail nous intrigue.

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La Grande Guerre à Leforest : chronique d'un village occupé (1914-1918)

Il y a un siècle, la Première Guerre mondiale éclatait, transformant l'Europe en un vaste champ de bataille. Des millions de soldats s'y affrontèrent pendant quatre ans, et cette guerre, pour la première fois, n'épargna pas les populations civiles. Cet article vous propose de plonger dans le quotidien des habitants de Leforest, restés au village, durant cette période sombre de l'histoire.

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Eleyne et Gauthier : la légende face à l'Histoire

À Attiches, à l’angle de la rue Jean-Baptiste Collette et de l'Avenue de la Chapelle, se dresse une modeste chapelle que le temps a patinée. Au sommet de sa façade, un blason énigmatique attire le regard : deux plumes croisées et la date de 1689. Juste en dessous, gravée dans la pierre, une devise en vieux français semble murmurer un secret d'un autre âge : « Sans Plvme le clercq ne pevt escrire ». Que peut bien signifier cette phrase sibylline ? Elle est la clé d'une histoire tragique, le symbole de la légende de Gauthier et Eleyne, dont l'amour impossible a si profondément marqué les mémoires qu'ils sont devenus les géants protecteurs de la ville. Laissez-moi vous conter ma réinterprétation de cette légende ancestrale.

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Raimbeaucourt 1917 : Les larmes de bronze d'un clocher mutilé

Il est des histoires qui sommeillent dans la poussière des archives, attendant qu'un regard curieux, une coïncidence, vienne les tirer de leur long silence. Ma recherche dans le passé ne naît que rarement d'une quête méthodique ; elle se nourrit de ces rencontres fortuites, d'un document jauni, d'une carte postale oubliée qui, soudain, me happe et me raconte. Ainsi en fut-il encore récemment, lorsqu'une image que j'ai numérisée, autrefois confiée par feu Monsieur Paul Ricourt, collectionneur passionné de Leforest, a ravivé une interrogation ancienne. Cette carte, saisissante, montrait la descente des cloches. Je l'avais déjà entraperçue en écrivant sur l'occupation allemande à Leforest, où le même drame s'était joué, mais sans que je ne trouve alors de cliché pour en témoigner. Revoir cette scène figée dans le temps, concernant cette fois Raimbeaucourt, a fait résonner en moi l'écho d'une question : quelle était l'histoire de ces cloches de Raimbeaucourt ? De quand dataient-elles avant que la fureur guerrière ne s'abatte sur elles ?

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Le Lion contre le Lys : La Bataille de Mons-en-Pévèle – 1304

Devant le tableau où la Bataille de Mons-en-Pévèle s'embrase sous le pinceau de Larivière, le temps semble déposer sa patine rêveuse. Les couleurs flamboyantes, ce chaos maîtrisé, réveillent en moi l'écho lointain de l'enfant dévorant des yeux ces scènes épiques dans ses livres d'Histoire, croyant presque entendre le fracas des armes. Mon regard parcourt la toile, du Roi, figure centrale presque irréelle de courage, jusqu'à cette colline discrète où se blottit le village sous un ciel lourd, cœur vibrant d'une Pévèle aimée, guettée depuis ma lisière d'enfance. Je m'attarde sur les silhouettes anonymes figées dans la tourmente, ces combattants sans nom, quand soudain la mémoire fait un bond, guidée par un acte retrouvé dans les archives : Jean Delmer, né bien après ce tumulte, en 1575, à Mons-en-Pévèle, sur cette même terre. Point culminant de la longue lignée de mon aïeul... Ses ancêtres, alors, étaient-ils de ces ombres indistinctes que l'artiste a saisies dans la fournaise de 1304 ? La toile devient une interrogation muette, plus qu'une fenêtre sur le passé, faisant naître ce désir nostalgique de traverser le geste peint pour écouter le murmure des vies emportées ce jour-là, et peut-être y reconnaître le souffle lointain de mes propres racines. Dans le silence de la toile résonne une interrogation troublante : comment le serment qui unissait autrefois ces hommes a-t-il pu se dissoudre pour laisser place à ce déchaînement meurtrier ?

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Vendeville et Sainte Rita : De paroisse à ville Sanctuaire de France

Chaque jour, ils sont des centaines, le cœur chargé d'espoirs fragiles, à franchir la grande porte du Sanctuaire Sainte-Rita à Vendeville. Ils viennent confier leurs peines, murmurer les soucis qui les accablent, les leurs ou ceux d'un être cher. Puis, ils s'en vont, laissant souvent derrière eux la flamme vacillante d'une bougie, fragile lueur dans l'obscurité de leurs vies. Les murs, couverts d'innombrables ex-voto, semblent murmurer les prières exaucées, les remerciements silencieux de ceux qui ont trouvé ici un peu de réconfort. Chaque année, le 22 mai, la foule se presse, immense et recueillie, pour rendre hommage à la sainte des causes perdues. Un flot humain qui semble porter en lui le poids des siècles, la persistance d'une foi qui traverse le temps. Mais... comment expliquer cette ferveur, ici, dans ce coin paisible du Nord ? D'où vient cette dévotion, si profonde, si ancrée, qui attire à Vendeville tant d'âmes en quête d'un peu de lumière ?

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