En généalogie, il existe deux fils d'Ariane pour remonter le labyrinthe du temps. Le premier est le plus visible, le plus bruyant : c'est la voie agnatique, celle qui se transmet de père en fils comme un flambeau officiel. C'est l'histoire du patronyme, de la signature et de la loi. J'ai déjà exploré cette route pavée d'encre et de papier dans mon récit « De Zeurynck à Suérinck : les signatures de mes ancêtres à travers les siècles ».
Mais il existe une autre voie, plus discrète, presque souterraine, car elle change de nom à chaque génération : la lignée cognatique, ou plus précisément ici, l'ascendance matrilinéaire absolue. C'est le lien du sang plutôt que celui du nom. C'est une chaîne ininterrompue de mères et de filles, une transmission intime, « ombilicale », qui traverse les siècles sans se soucier des étiquettes de l'état civil. Aujourd'hui, je délaisse la plume de mes pères pour me tourner vers l'autre extrémité de mon arbre. Je tire ce fil rouge féminin en partant de ma grand-mère maternelle pour redonner voix à celles qui ont assuré la survie de la lignée.